Genesio refuse l’étiquette d’usé, Di Meco craint le déplacement à Troyes
Après cinq défaites de suite, Bruno Genesio dit avoir été en colère plutôt qu’abattu.

L’Olympique de Marseille retrouve la compétition dimanche soir à Troyes dans un climat tendu. Deux voix s’expriment à quelques heures d’écart sur la situation du club : celle de son entraîneur Bruno Genesio, qui conteste l’idée qu’il serait usé, et celle d’Eric Di Meco, ancien arrière gauche de l’OM, qui reconnaît ouvertement son inquiétude.
En bref
- Le contexte sportif explique la nervosité autour du club.
- Il a aussi dit être déçu pour ses joueurs, qui n’ont pas été récompensés de leurs efforts.
- Dimanche soir à Troyes, le terrain dira laquelle des deux lectures aura eu raison.
Cinq défaites de suite avant la reprise
Le contexte sportif explique la nervosité autour du club. Selon RMC Sport, l’OM occupe la 17e place de Ligue 1 après cinq journées de championnat. L’équipe de Genesio sort de cinq revers d’affilée, tous matchs confondus, le plus récent ayant été concédé 1-2 dans le Classique contre le Paris Saint-Germain.
Le calendrier ajoute à la pression. Après trois semaines de pause pour les sélections, le club reprend sa route en se rendant chez un adversaire qui le devance d’un seul point au classement. Le site d’actualité repris par Yahoo parle d’un Marseille « avant-dernier de Ligue 1 », tandis que ohaime-passion évoque une équipe relégable. Ces formulations décrivent la même réalité : le club se trouve dans le bas du tableau, à un moment où il a perdu quatre fois de suite en championnat.
L’état de l’effectif n’arrange rien. D’après RMC Sport, la trêve a été marquée par une cascade de blessures et Hojbjerg est déjà forfait pour le déplacement. Certains joueurs doivent revenir, sans que l’on sache s’ils seront à 100 %.
Genesio répond à ceux qui le disent usé
Après la défaite face au PSG, la quatrième de suite en Ligue 1 et la cinquième toutes compétitions confondues, l’entraîneur marseillais était apparu marqué. Il avait alors estimé qu’à Marseille, une défaite honorable ne suffit pas, d’autant moins lorsqu’elle est la quatrième d’affilée. Son visage fermé avait nourri des commentaires, certains observateurs le jugeant déjà usé par le contexte marseillais.
En conférence de presse à la Commanderie, Genesio a voulu corriger cette image. Interrogé sur son état, il a répondu avec le sourire qu’il allait « très bien », ajoutant qu’il trouvait « sympa » que l’on prenne soin de lui. Il a ensuite expliqué ce que traduisait sa mine après le Classique : il n’était pas usé mais en colère, parce qu’il voyait certains se satisfaire d’une défaite par 2-1 seulement, ce qui l’agaçait.
Selon ohaime-passion, il refuse en particulier le mot « pleurniche », qu’il juge infantilisant. Le site rapporte aussi cette précision de l’entraîneur : « Je n’étais pas déprimé, plutôt énervé. » Genesio dit qu’il a rejoint Marseille pour l’emporter et non pour se contenter d’avoir évité le pire. Il l’a résumé ainsi : « Je ne suis pas dans l’état d’esprit de vouloir juste éviter le pire. »
Il a aussi dit être déçu pour ses joueurs, qui n’ont pas été récompensés de leurs efforts. Sa conclusion tient en une phrase, livrée dans un sourire : il n’est pas usé et ne « pleurniche » pas. Il admet que tout ne va pas bien dans l’équipe, mais assure que, de son côté, il va bien. Toujours selon ce site, son équipe a de nouveau payé des fautes qui s’étaient déjà vues lors des matchs précédents, et il espère un sursaut à Troyes sans invoquer les absences ni l’environnement.
Di Meco redoute le déplacement
Au micro du Super Moscato Show sur RMC, Eric Di Meco a décrit un état d’esprit très différent de celui de l’entraîneur. Il dit voir arriver le match de Troyes avec une vraie appréhension, tout en précisant qu’il s’agit d’un ressenti personnel. Pour lui, les bons moments du club face au PSG et à Rennes avant la trêve ne pèsent plus : ils lui semblent déjà si lointains qu’on les oublie. Il dit n’avoir « que le négatif en tête », puisque l’équipe n’a fait que perdre.
Son analyse tient compte du calendrier. Parmi les quatre prochains adversaires de l’OM, Troyes est selon lui censé être le plus faible, puisque cette équipe n’a qu’un point de plus que Marseille. Cela ne le rassure pas pour autant. Il redoute un rapport de forces défavorable sur le terrain : « Tu n’auras pas toutes tes forces pour aller là-bas et eux auront le couteau entre les dents. »
Il insiste enfin sur l’enjeu du résultat. « En plus l’OM est pratiquement obligé de gagner », estime-t-il. Un match nul le laisserait perplexe, et il dit ne pas savoir comment on analyserait la rencontre le lundi. Il conclut simplement qu’il est inquiet.
Deux lectures qui ne s’excluent pas
Les deux discours ne se contredisent pas vraiment. Genesio parle de son propre état et de la manière dont il vit la série noire : il se dit en colère plutôt que résigné, et refuse que l’on voie dans sa mine le signe d’un épuisement. Di Meco, lui, s’exprime en observateur attaché au club et regarde le match à venir à travers les résultats récents, les blessures et le poids de l’enjeu.
Ce qui les rapproche, c’est la nécessité de réagir. L’entraîneur attend de ses joueurs qu’ils corrigent les erreurs déjà vues, l’ancien joueur rappelle que le club est presque obligé de s’imposer. Dimanche soir à Troyes, le terrain dira laquelle des deux lectures aura eu raison.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Hombrey. Licence : CC BY-SA 4.0.



